Peut-on copier la stratégie qui a fait la fortune de Mounir Laggoune ?

Mounir Laggoune est devenu une figure centrale de la finance personnelle en France grâce à sa chaîne YouTube, son application Finary et ses prises de position sur l’investissement passif. Beaucoup d’épargnants cherchent à reproduire sa stratégie, en espérant construire un patrimoine comparable. Le problème, c’est que la fortune de Mounir Laggoune repose sur des mécanismes que la plupart des particuliers ne peuvent pas dupliquer.

Fortune de Mounir Laggoune : ce qui relève de l’entrepreneuriat, pas de l’investissement

Quand on parle de la fortune de Mounir Laggoune, on pense spontanément à ses placements en ETF ou en immobilier. C’est une erreur de cadrage.

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La majorité de sa richesse provient de ses parts dans Finary, une startup non cotée. Ce capital est une valorisation sur le papier, pas du cash disponible sur un compte. Tant qu’il n’y a pas de revente, d’introduction en bourse ou de cession secondaire, cette valeur reste théorique et totalement illiquide.

Concrètement, un épargnant qui investit chaque mois sur un ETF World ne prend pas du tout le même type de risque. Fonder une entreprise tech, la développer pendant des années et parier sur un événement de liquidité futur, c’est un profil de risque radicalement différent d’un DCA sur un tracker boursier.

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Professionnelle en stratégie d'affaires devant un tableau blanc avec des schémas de croissance dans un espace de travail collaboratif

Stratégie ETF et investissement passif : la partie réplicable

Mounir Laggoune défend publiquement l’investissement en ETF, notamment les trackers mondiaux diversifiés. Cette approche, elle, est accessible à tout le monde. Vous disposez d’un PEA ou d’une assurance-vie ? Vous pouvez acheter un ETF MSCI World ou un ETF S&P 500 pour quelques dizaines d’euros par mois.

Voici les principes qu’il répète dans ses contenus et qui sont réellement applicables :

  • Investir régulièrement une somme fixe chaque mois (DCA), sans essayer de timer le marché, pour lisser le prix d’achat dans le temps
  • Privilégier des ETF à frais réduits plutôt que des fonds actifs dont la performance nette dépasse rarement celle de l’indice de référence
  • Conserver une épargne de précaution avant d’investir, pour ne jamais être contraint de vendre en période de baisse
  • Adopter un horizon long terme, en acceptant la volatilité des marchés actions sans céder à la panique

Sur ce volet, copier la stratégie est non seulement possible, mais recommandé par une grande partie des spécialistes de la gestion indicielle. La difficulté n’est pas technique, elle est comportementale : tenir sa stratégie quand les marchés chutent.

Finary comme outil de suivi patrimonial : utile, mais pas magique

Finary a évolué ces dernières années. L’application ne se limite plus au suivi de comptes bancaires et de portefeuilles boursiers. Elle intègre désormais du contenu pédagogique, des masterclass et le podcast Finary Talk, qui aborde des sujets techniques avec des investisseurs expérimentés.

C’est un environnement d’apprentissage continu, pas un simple tableau de bord. Pour un débutant, centraliser la vision de son patrimoine (livrets, PEA, assurance-vie, immobilier, crypto) dans un seul outil aide à prendre des décisions plus cohérentes.

En revanche, utiliser Finary ne transforme pas un épargnant en entrepreneur tech. L’outil facilite le pilotage, il ne génère pas de rendement par lui-même. Suivre son patrimoine n’est pas une stratégie d’enrichissement, c’est un préalable à toute stratégie.

Patrimoine et investissement : les limites concrètes de la copie

Pourquoi deux personnes appliquant exactement les mêmes principes d’investissement obtiennent-elles des résultats très différents ? Parce que le contexte personnel change tout.

Le capital de départ compte énormément. Mounir Laggoune a pu investir les revenus générés par Finary (salaire, dividendes éventuels) et bénéficier de la valorisation de ses parts. Un salarié qui épargne quelques centaines d’euros par mois part d’une base incomparable.

La tolérance au risque aussi. Mounir a une part considérable de son patrimoine concentrée dans un seul actif illiquide. Cette concentration est le contraire de la diversification qu’il recommande à son audience. Il peut se le permettre parce qu’il a fondé cet actif et qu’il en maîtrise (en partie) le développement. Un épargnant classique qui mettrait la majorité de son capital dans une seule startup prendrait un risque disproportionné.

  • Le capital de départ et la capacité d’épargne mensuelle déterminent la vitesse de constitution du patrimoine bien plus que le choix de tel ou tel ETF
  • La fiscalité varie selon les enveloppes utilisées (PEA, assurance-vie, compte-titres) et selon la situation personnelle de chacun
  • La durée d’investissement reste le levier le plus puissant : les intérêts composés produisent leurs effets visibles après plusieurs années de patience

Bourse et ETF : ce qui compte vraiment pour un épargnant

Plutôt que de chercher à copier un parcours entrepreneurial, un épargnant a intérêt à se concentrer sur les mécanismes vérifiables. L’investissement passif en ETF fonctionne sur le long terme parce qu’il capte la croissance globale des marchés actions, avec des frais minimaux.

Le vrai apport de Mounir Laggoune au grand public n’est pas sa fortune personnelle. C’est d’avoir rendu accessible un discours sur l’investissement indiciel qui restait cantonné aux cercles anglo-saxons. La valeur est dans la méthode, pas dans le résultat d’un entrepreneur tech.

Appliquer les principes de base (épargne régulière, diversification, frais bas, horizon long) produit des résultats concrets sur une décennie ou plus. Chercher à reproduire la trajectoire patrimoniale d’un fondateur de startup revient à confondre un plan d’investissement avec un parcours entrepreneurial. Les deux n’ont presque rien en commun, même quand la même personne les incarne.

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